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Stats L1 - MPG

N'Zogbia, ses années Villa(ines)

21 Septembre 2016 , Rédigé par Tchang Papadopoulos Publié dans #Portrait joueur, #Hors-Jeu

N'Zogbia, ses années Villa(ines)

C'était il y a déjà 6 ans ! Laurent Blanc publiait sa première sélection avec les Bleus. Les Mondialistes de la Coupe du Monde 2010 évincés, place était faite aux petits nouveaux. Dans le lot, on trouvait alors Charles N'Zogbia, 24 ans, sortant d'une saison pleine avec Wigan (36 apparitions en Premier League, 5 buts, 6 passes décisives). Son âge d'or, les saisons 2009-10 et 2010-11 marquant le sommet de son art. Après une nouvelle saison complète (34 apparitions, 9 buts, 4 passes décisives), il connaît sa seconde sélection en Juin 2011 face à la Pologne et est même à l'origine de l'ouverture du score française. Un mois plus tard, il est transféré à Aston Villa pour 10,8M€, tout roule alors...

Aston Villa, l'euphorie

Rappelez-vous qu'à l'époque, Aston Villa fait encore partie des outsiders de Premier League, 6ème sous Houllier lors de l'exercice 2009-10, le club est qualifié pour les barrages d'Europa League pour la saison 2010-11 (éliminé par Vienne) et termine le championnat à la neuvième place. Après avoir participé au maintien des Latics, Charles N'Zogbia change donc de standing en rejoignant les Villans, dorénavant coaché par Alex McLeish, suite aux problèmes de santé de Gérard Houllier.

La période est à l'euphorie, Charles est heureux de rejoindre une équipe « excitante, divertissante et gagneuse » et de pouvoir évoluer avec les prometteurs Darren Bent, Gabby Agbonlahor ainsi que l'expérimenté Emile Heskey qu'il a hâte de pourvoir en bons ballons. Alex McLeish se réjouit, lui, de pouvoir compter sur un joueur explosif et son futur coéquipier, Stan Petrov, parle même d'un « incroyable renfort » ! Pour compléter ce tableau idyllique, Charles peut compter sur la venue de son ex-coéquipier Shay Given, qui l'avait pris sous son aile lors de son arrivée à Newcastle, du Havre. Mais attention, avec les départs de Stewart Downing et Ashley Young, les attentes sont réelles quant à ses performances !

Aston Villa, crew 2011-12

Aston Villa, crew 2011-12

Aston Villa, la déception

Onze matchs sous le maillot des Claret and Blues et Charles n'a alors délivré qu'une seule passe décisive, bien loin des espoirs placés en lui ! Le changement ? Une philosophie de jeu sous McLeish totalement différente de celle de Roberto Martinez. Porté sur le jeu, l'espagnol laissait champ libre à l'international français pour percuter, dribbler, tenter sa chance, sans trop lui demander de compensation défensive. La donne change avec l'anglais. Dans un système moins ambitieux, Charles doit participer à l'effort défensif et se retrouve plus bas sur le terrain, moins à même de faire parler son explosivité. Cela se ressent drastiquement sur ses stats, tirant moins au but et tentant moins de dribbles (un toutes les 69 minutes contre un toutes les 25 minutes à Wigan !). Qui plus est, au service de Bent et Agbonlahor, il dispose de moins de liberté et d'occasions de prendre sa chance individuellement. Alors qu'avec Wigan, il tentait un tacle toutes les 99 minutes, après 11 matchs sous McLeish, il en est à un toutes les 51 ! Confronté à ce football plus physique et besogneux, la réaction ne se fait pas attendre, Charles se lâche sur Twitter début février 2012 : « First time in my life im not happy playing football !!! ».

N'Zogbia, ses années Villa(ines)

Bien sûr, son entraineur l'enjoint à travailler plus. Mais le football pratiqué à Villa Park et le rythme de relégable du club (7 victoires en 24 rencontres) commencent également à déplaire aux fans qui organisent une manif' anti-McLeish avant la réception de City le 12 février 2012, l'accusant de gâcher le potentiel de joueurs comme Bent, Agbonlahor ou Stephen Ireland.

La saison 2011-12 marque ainsi le début de la régression du club. Avec un bilan personnel laborieux (30 apparitions, 2 buts, 4 passes dé'), le club, 16ème, se maintient avec 2 petits d'avance sur le premier relégable.

Aston Villa, les blessures puis le renouveau ?

Nouvelle saison, nouveau coach, Paul Lambert et nouveau poids. La période est à l'austérité et à la baisse de la masse salariale. N'Zogbia fait donc partie des cadres amenés à prendre leurs responsabilités. Il lui faudra 6 mois pour réellement lancer la machine, gêné, dès octobre, par une blessure au genou qui l'éloigne 6 semaines des terrains.

Il peut compter sur le soutien de Lambert qui voit en lui un élément talentueux, "capable de créer des choses que les autres n'essayeraient même pas de tenter". L'écossais lui offre la liberté sur le terrain que le français apprécie tant. Et le lui rend bien. Le 19 janvier, à West Brom', il montre toute sa classe au Royaume, délivrant 2 passes décisives, à Benteke puis Agbonlahor.

Un mois plus tard, le 10 février 2013, il réalise l'un de ses meilleurs matchs à Villa, glanant un penalty et marquant sur coup-franc direct pour une importante victoire 2-1 dans la course au maintien face à West Ham. Février, son mois favori pour les déclarations tapageuses, il déclare alors qu'il est prêt à être méchant et blesser pour obtenir le maintien des Villans !

Aston Villa, l'enterrement

Après ses mois de janvier et février « on fire » et un dernier but inscrit le 13 avril, Aston Villa termine finalement à la 15ème place. Le début de la fin survient le 24 juin 2013, lorsqu'il se blesse au talon d'Achille en vacances à Miami. Il lui faudra un an pour se remettre d'aplomb ! C'est d'autant plus dommage qu'avec Lambert, il semblait avoir trouvé le successeur de Martinez, un coach capable d'exploiter au mieux son potentiel.

Alors âge de 28 ans, Charles n'a montré que par intermittence son talent à Villa Park. Après une frustrante saison blanche, il a à cœur de montrer qu'il a encore faim. La pré-saison le prouve, auteur de deux coup-francs directs. Si personne ne doute de ses qualités innées, des questions commencent à se soulever autour de son comportement et de ses intentions.

Malheureusement, sa saison ne décollera jamais. Le 13 décembre 2014, il est même sorti à la mi-temps après n'avoir réussi que 4 passes vers l'avant. Titulaire à 19 repris pour 27 apparitions en championnat, il ne délivre que 2 passes décisives. L'arrivée de Tim Sherwood en février n'y change rien. Comme ses prédécesseurs, il ne tarira pas de louanges à son propos, arguant son manque de forme, rappelant qu'il reste un milieu de terrain terrifiant pour de nombreux entraîneurs adverses, qu'il ne faut pas avoir la mémoire courte et savoir se souvenir de ses performances remarquables à Wigan.

C'était en mars 2015. Quelques mois plus tard, le ton et le discours changent. Alors que débarquent Veretout, Amavi et Gueye, N'Zogbia, lui, ne fait plus vraiment partie de ses plans. Il faudra attendre l'arrivée de Rémi Garde pour le voir disputer... 41 minutes de jeu, en 2 rencontres. Il sera également le premier à mettre en cause publiquement son attitude à l’entraînement, estimant qu'il aurait pu donner plus dans les semaines suivant son arrivée...

Sappé comme N'Zogbia...

Sappé comme N'Zogbia...

20Minutes ne nous rassure pas non plus quand ils partagent cette déclaration d'un journaliste d'outre-Manche, « N’Zogbia ? Il est très doué, mais c’est un chieur. Deux de ses anciens managers m’ont déjà confié que c’était très compliqué de bosser avec lui. En revanche, il est hyper talentueux. Quand il est bien luné, il peut faire très mal sur son côté. Grosse capacité d’élimination, de centre. Selon moi, il a gâché une partie de sa carrière à cause de son attitude… »

Un joueur qui n'a plus joué en équipe première depuis novembre 2015, qui vit sur ses performances de la saison 2010-11 et dont un seul entraîneur villan (Lambert) a su cerner la personnalité, le flou est grand autour de ses aptitudes actuelles et de sa capacité d'adaptation à un environnement plus besogneux...

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Vigneron Jérôme 26/09/2016 15:14

slt,
C’est certainement un joueur talentueux. Cependant, il est trop imprévisible et ses performances connaissent des hauts et des bas.