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Les oubliés de la montée au SCO Angers

9 Mars 2016 , Rédigé par Tchang Papadopoulos Publié dans #Hors-Jeu

Les oubliés de la montée au SCO Angers

Ils gambadaient gaiement sur les pelouses de Ligue 2. Puis sur une saison, tout s'est enclenché en leur faveur et ils se sont retrouvés en Ligue 1. Promotion n'est pas toujours synonyme de bénédiction : découverte d’un nouveau niveau, renouvellement d'effectif, renforts extérieurs, ces joueurs en ont fait les frais...

Arnold Bouka Moutou : Arrivé sur la pointe des pieds en Anjou en février 2012, l’opportunité lui est donné de goûter au monde pro’ à 23 ans après une carrière menée en CFA entre Calais et l’Amiens AC. D’abord doublure de Karim Djellabi, il est propulsé titulaire sur le flanc gauche de la défense lors de la saison 2013-14. Ce latéral « vif, endurant, rapide, avec un très bon pied gauche » et « possédant de la fraîcheur mentale et physique », dixit Stéphane Moulin, est un des cadres de la montée, participant à 30 matches de Ligue 2.

Sa soif de réussir et sa détermination doivent alors se confronter à la Ligue 1 et à une nouvelle concurrence. Sa préparation estivale tronquée par une blessure, il voit Yoann Andreu s’installer à son poste puis Vincent Manceau lui prendre sa place de doublure. Cette année, placé plus haut sur le terrain, il n’a connu que 5 titularisations, Stéphane Moulin utilisant sa vitesse comme atout technique sur certaines rencontres ciblées (souvenez-vous de sa chevauchée contre l’Olympique de Marseille aboutissant sur un penalty), une arme redoutable en contre ou en fin de match. Depuis son CSC malheureux contre Rennes, il a su renverser la tendance en trouvant le chemin des filets à Montpellier puis en provoquant le penalty du 2-2 à Guingamp. Avec les difficultés actuelles du SCO (6 matchs sans victoire), il ne serait pas étonnant de le voir plus régulièrement sur les prés, y apportant un vent de fraicheur.

La belle histoire : pour sa neuvième apparition (et 4ème titularisation), il inscrit son premier but avec les professionnels à Reims, sa ville natale. La moins belle histoire : cette saison, il n’a participé qu’à deux matchs de Coupe, deux seizièmes de finale, et son équipe s’est inclinée à chaque fois. Chat noir ?

Yohan Eudeline : Yohan Eudeline et la Ligue 1, c’est une histoire de désamour. Elle est bien loin la saison 2004-05 où il participait à 24 rencontres de l’élite française avec Caen. Presque 10 ans plus tard et 208 matches de Ligue 2 derrière lui, il connait pourtant les joies de la montée au FC Nantes. Une joie de courte durée, le temps de participer aux deux premières rencontres de la saison, et puis c’est tout, Der Zakarian ne comptant pas sur lui au milieu des Bedoya, Nkoudou, Nicolita, Bessat, Audel, Gakpé ou autre Pancrate… Six mois plus tard, c’est sans surprise qu’il résilie son contrat en janvier 2014 pour épauler Angers dans leur mission montée en Ligue 1. Si elle n’aboutit pas lors du premier essai, elle se concrétisera au terme de l’exercice 2014-15. Malheureusement, au cours de cette saison, Yohan perd sa place de titulaire après… 3 journées de championnat. Utilisé comme joueur de complément (16 apparitions pour 7 titularisations), sa situation empire lorsqu’il est victime d’une hernie cervicale en janvier 2015. Soignant cette blessure, il n’a depuis toujours pas foulé de pelouse.

Rayan Frikeche : Formé au club, il menait tranquillement sa barque depuis son arrivée dans le groupe pro’ pour la saison 2011-12, enchainant les exercices complets : 25 rencontres en 2011-12, 27 en 2012-13 et 2013-14 puis 19 en 2014-15. Le Marocain est même retenu pour participer aux JO de Londres avec sa sélection et prolonge son contrat quelque mois plus tard. Le timing a voulu que celui-ci prenne fin alors que son club monte. Jamais indiscutable, Rayan doit alors aller exporter son talent ailleurs. Ce sera à Ajaccio où il semble avoir repris le même rythme (21 apparitions / 14 titularisations). A n’en pas douter, si Angers était toujours en Ligue 2, Rayan Frikeche trainerait encore ses crampons au stade Jean Bouin, les supporteurs locaux attendant enfin de voir cet enfant du pays donner la pleine mesure de son talent. Un Marocain a pourtant bien éclos au poste de sentinelle, mais il se nomme Romain Saïss.

Charles Diers et Olivier Auriac : Ces tauliers du vestiaire et créateurs de la « dalle angevine » totalisent à eux deux 446 matches de Ligue 2 avec le SCO (220 pour le premier, 226 pour le second). Cette saison, ils ne cumulent pourtant que 8 titularisations et 15 entrées en jeu dans un championnat que l’un, Charles, découvre à 34 ans et l’autre redécouvre 14 ans plus tard.

S’ils ne sont plus les dépositaires du jeu angevin, ils restent les garants d’un état d’esprit. Charles Diers, qui n’avait loupé qu’un seul match la saison dernière, a bien confessé connaitre des hauts et des bas avec ce changement de statut, ne se sentant plus utile pour l’équipe le week-end. On le comprend. Olivier Auriac se veut plus optimiste : l’accession est pour lui l’aboutissement de 10 ans de travail et il savoure chaque jour sa chance d’évoluer à ce niveau. Le vent pourrait même tourner en leur faveur. Dans le sillage de Bouka-Moutou, les derniers résultats peuvent les remettre sur le devant de la scène où leur expérience et fraicheur mentale pourraient bien relancer la machine.

Les oubliés de la montée au SCO Angers

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